Mali : les non-dits du sommet extraordinaire d’hier des Chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest


Mali : les non-dits du sommet extraordinaire d’hier des Chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest

Deux jours après le coup d’Etat qui a renversé le président IBK, la CEDEAO reste toujours ferme face aux putschistes et tient un sommet extraordinaire à ce sujet. Cependant en internes, les divergences apparaissent. Quelles sont les coulisses du sommet extraordinaire des chefs d’Etats hier jeudi ?

La CEDEAO a tenu, jeudi 20 août 2020, un sommet extraordinaire en visioconférence pour aborder la question malienne. Après plus de trois heures de débats quelquefois tumultueux, les Chefs d’Etat ont réaffirmé leur opposition aux putschistes. Toutefois, on note deux camps, les plus durs et les plus réalistes.

Les partisans d’une fermeté sans faille au sommet extraordinaire

Pour une catégorie de Chefs d’Etat ouest africains, il faut coute que coute être dur envers les putschistes. Selon certaines sources, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara qui aurait eu par trois fois des entretiens avec le président français, le 19 août, s’est montré plus inflexible.

Partisan de la ligne dure, il estime qu’un rétablissement de la légalité constitutionnelle est la seule voie à suivre. Il soutient toujours le retour d’IBK à la tête de l’Etat. ADO estime qu’IBK doit être réinstallé dans ses fonctions afin de mettre en place lui-même une transition.

Alassane Ouattara aurait également appelé la CEDEAO à prendre des sanctions contre les mutins. C’est dans le même registre de fermeté que s’inscrit le Guinéen Alpha Condé. Cette fermeté semble de trop pour certains.

Les partisans d’une ligne plus pragmatique

A l’opposé d’ADO et de Condé, plusieurs de leurs homologues semblent mettre de l’eau dans leur vin. Certes, ils ont soutenu une fermeté de forme, mais ils pensent que la CEDEAO doit adopter une position plus réaliste. En d’autres termes, ils ont plaidé pour un retour de l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire la mise en place d’une transition menant aux élections et la libération d’IBK.

« Demander un retour d’IBK au pouvoir est irréaliste », avait expliqué à Jeune Afrique un participant au sommet extraordinaire. En revanche, nous avons, en Afrique, l’expérience des transitions qui ont réussi en accord avec l’Union africaine.

Dans cette logique pragmatique, on retrouve le président Burkinabè Roch Kaboré, le Togolais Faure Gnassingbé, le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Sénégalais Macky Sall. Défenseur de la ligne pragmatique, le président sénégalais aurait même prôné pour l’assouplissement des mesures de fermeture des frontières avec les Etats de la CEDEAO.

Même si l’envoi d’une mission à Kati pour rencontrer la junte a également divisé les dirigeants, une délégation conduite par le médiateur Goodluck Jonathan est attendue ce vendredi.

Lire sur: https://linvestigateurafricain.com/mali-aucune-circonstance-attenuante-pour-le-president-dechu-ibk/

 

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *