Transition au Mali : la junte désigne 02 militaires, président et vice-président, contrairement aux exigences de la Cédéao


La junte du Mali met en place son gouvernement militaire

Le président et son vice ont été désignés par la junte du Mali. La surprise, c’est que les exigences de la Cédéao, qui souhaitait une transition purement civile, n’ont pas été respectées. Ainsi, tout est enfin clair. La fumée blanche tant attendue au Mali vient de sortir. Les personnalités devant conduire la transition sont désormais connues.

D’après les dernières nouvelles de Bamako, le président est un militaire à la retraite et le vice-président est le chef de la junte. Aucun civil. Que fera la Cédéao ? Prononcera-t-elle un embargo total ?

Une transition militaire confirmée par la junte du Mali

Toutes les consultations et négociations de ces derniers jours avaient fait penser à une volonté de la junte à céder le pouvoir aux civils. Mais une allusion a été également faite à une hésitation de la junte à céder le pouvoir. Le temps a vraiment pressé.

La junte du Mali n’a pas véritablement la volonté de céder le pouvoir. Elle n’aurait aucune garantie. Même l’ultimatum de la Cédéao qui expire demain n’aura rien changé. Pas de président civil et pas de premier ministre civil mais plutôt un vice-président militaire. Ce qui prend totalement le contrepied des exigences de la Cédéao.

Officiellement, le président de la transition s’appellerait Ba N’dao, ancien officier de l’armée de l’air à la retraite. Il n’est donc pas civil. Selon les sources dignes de foi, il a été ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali. Il avait été nommé à ce poste le mardi 27 mai 2014 par Ibrahim Boubacar Keita.

L’actuel président de transition désigné par la junte du Mali a été formé dans l’ex-Union soviétique et est diplômé de l’école de guerre de Paris. Le Colonel Assimi GOITA est le vice-président, comme l’indique un tweet du Comité national pour le salut du peuple (CNSP).

La Cédéao driblée : vers un embargo total ?

Ces désignations apparaissent comme un affront à la Cédéao. Or, avant la rencontre d’Accra et même au retour, le porte-parole de la junte du Mali faisait savoir que les exigences de la Cédéao seront intégrées. Il va plus loin pour parler de la menace d’embargo total qui pesait sur le Mali.

La Cédéao avait déjà pris une série de sanctions contre le Mali en raison de la volonté de la junte de se maintenir au pouvoir. Au moment où le collège chargé de désigner les personnalités qui devraient diriger la transition a été mis en place, l’on savait qu’il est inféodé à la junte .

Le dialogue renoué avec le M5-RFP afin d’aplanir leurs divergences n’a été finalement qu’un trompe œil. La Cédéao a toujours échoué depuis la naissance de cette crise.

La menace de l’embargo total n’a jamais inquiété la junte au Mali. Pour l’institution sous régionale, les sanctions seront levées, aussitôt que les dirigeants de transition civils auront été choisis. Malheureusement, il serait difficile à ces personnalités choisies de recevoir l’onction de la Cédéao. Ce qui pourrait ouvrir la voie à l’embargo total contre le Mali dans les prochains jours.

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