Bavure de l’armée française au Mali: Paris rejette toujours les accusations


Bavure de l’armée française au Mali: Paris rejette toujours les accusations

La Bavure de l’armée française au Mali continue d’attirer les attentions. Les réactions après le rapport de la MINUSMA incriminant l’armée française à Bounty, ne faiblissent pas. La ministre française des armées, en visite au Mali, a réitéré le rejet des accusations par Paris. Mais, des voix discordantes se font entendre.

Le rapport de l’enquête diligentée par la MINUSMA, publié le 30 mars, accable la force française Barkhane. Cette dernière est accusée d’avoir tué des civils lors de frappes aériennes à Bounty, en janvier dernier. Les autorités démentent toujours l’idée d’une bavure de l’armée française au Mali, alléguant la présence de djihadiste sur les lieux.

Une bavure de l’armée française au Mali non reconnue

Deux jours après la publication du rapport des Nations unies faisant état de la mort de 19 civils des suites de la frappe, Florence Parly, la ministre française des armées, s’est rendue à Bamako.

« Nous avons partagé notre détermination à continuer notre combat contre le terrorisme », a-t-elle affirmé à l’issue de son entretien avec le président de la transition malienne, Bah Ndaw. Elle a abondé dans le même sens que la réaction officielle de la France en maintenant que « les forces armées françaises (avaient) effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel ».

En effet dans un communiqué, le ministère de la Défense affirmait que tous les renseignements recueillis en direct, ce jour-là, justifiaient que les cibles neutralisées étaient des « objectifs militaires confirmés ». Mme Parly a ajouté : «je ne peux pas admettre que l’honneur de nos soldats puisse ainsi être sali ».

Dans une interview accordée à France Culture, le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, avait également contesté farouchement toute bavure de l’armée française au Mali lors de la frappe de Bounty. L’armée française maintient avoir frappé uniquement des dizaines de djihadistes.

Cette position de la France est partagée par les autorités militaires maliennes qui réfutent aussi toute thèse de bavure. La méthodologie de l’enquête est dénoncée jetant donc un discrédit sur ses résultats, selon les autorités françaises.

Des voix discordantes autour de la bavure de l’armée française au Mali

D’autres sons de cloche se font entendre. Des députés français se sont aussi mêlés à la danse. En effet, selon le site maliactu.net, les élus de la France insoumise ont appelé ce mercredi 31 mars dans un communiqué les ministres Florence Parly et Jean-Yves Le Drian « à se récuser ». Ils dénoncent des « mensonges » du gouvernement à propos de la frappe aérienne. Pour ces députés, il est temps que les responsables reconnaissent « leurs actes ».

Sur place, au Mali, l’association des amis de la culture peuhl Tabitaal Pulaaku se félicite des conclusions de l’enquête qui dénonce une bavure de l’armée française au Mali. Elle ne reconnaît pas cependant la présence d’hommes armés à la cérémonie de mariage comme l’a indiqué le rapport d’enquête de la mission onusienne.

Abou Sow, président de l’association, a déclaré « nous n’avions jamais eu vent de la présence d’hommes armés sur le lieu du mariage, jamais ». Il a indiqué qu’en « matière de guerre, il peut y avoir des actes inappropriés, c’est à dire des bavures et c’est ce qui s’est passé pour le cas particulier de Bounty ». Il a souhaité une « réparation pour les victimes ».

Sept organisations de défense des droits humains, en France et au Mali, ont exhorté jeudi la France et le Mali à mener une enquête indépendante et transparente, faisant écho à la demande de l’ONU.

Pour les observateurs, la France ne mènera jamais des enquêtes indépendantes qui l’accuseront d’une quelconque bavure. Selon Dr Aly Tounkara, directeur du centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, les accords de partenariat militaires entre l’État malien et la France, ne prennent pas en compte les cas de bavure de l’armée française au Mali. Il n’est donc pas à envisager la possibilité d’une réparation pécuniaire.

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