Alpha Condé de Guinée : « C’est extraordinaire que je sois considéré comme un dictateur. Je suis un démocrate »


Alpha Condé de Guinée

Le président Alpha Condé de Guinée, qui a décidé de briguer un troisième mandat, est au centre de toutes les critiques. L’ex-opposant historique, devenu président de la République, est accusé par l’opposition d’être un fossoyeur de la démocratie dans son pays. Mais, selon lui, ces accusations sont fausses et relèvent de la pure diffamation.

A moins de deux semaines de l’élection présidentielle en Guinée, le président Alpha Condé de Guinée, a répondu à ses détracteurs. Ces derniers l’accusent de vouloir se maintenir à la tête de l’Etat, disent-ils, contre la volonté populaire.

« C’est extraordinaire que je sois considéré comme un dictateur, antidémocrate. Je suis un démocrate. Je ne suis pas un dictateur. », a affirmé Alpha Condé, lors d’une interview accordée, mardi, à France 24 et RFI. Dans l’entretien, le président guinéen se défend : « J’ai fait de la prison sous Sékou Touré. J’ai gagné les élections de 1993. Si j’avais voulu être président à vie, j’aurais pris le pouvoir (avec le soutien des militaires) dès 1993 ».

Alpha Condé de Guinée s’attaque au chef de l’opposition

Sans jamais citer le nom de son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé de Guinée l’attaque de façon virulente. Pour le président sortant, l’actuel chef de file de l’opposition a été un « fossoyeur » de l’économie guinéenne à l’époque où il était le premier ministre du président Lansana Conté.

« Moi je me suis battu pendant 45 ans, j’ai créé un parti. Mes adversaires sont des fonctionnaires qui sont devenus premiers ministres. Après avoir mis le pays à terre, ils ont créé des partis. C’est extraordinaire que moi qui me suis battu pendant 45 ans, je sois considéré comme un dictateur, alors que ceux qui ont pillé le pays sont aujourd’hui des opposants », a déclaré M. Condé.

En évoquant la gouvernance chaotique de feu Lansana Conté, il épingle implicitement son principal challenger Cellou Dalein Diallo, qui fut premier ministre : « (…) parce que le président Conté disait : « moi je suis militaire, je m’occupe du camp et des frontières, et vous les démocrates, faites ce qui est bien pour le pays ». Une façon de dire que Cellou Dalein Diallo n’a rien fait de bon pour son pays. « La Guinée a la particularité que tous les opposants sont des anciens premiers ministres » et dont la gestion a été mauvaise, réaffirme le chef de l’Etat.

Alpha Condé de Guinée prêt à accepter la défaite

S’il n’est pas élu au soir du 18 octobre 2020, Alpha Condé de Guinée ne fera rien pour empêcher le respect de la volonté populaire. Il se dit démocrate et prêt à accepter la vérité des urnes. Pour le président guinéen, la modification de la constitution ne vise pas forcément à son maintien au pouvoir, mais à donner un nouveau souffle démocratique au pays. Il est fin convaincu de la transparence du scrutin.

En ce qui concerne le fichier électoral contesté par l’opposition, Alpha Condé de Guinée dit qu’il est fiable. « Les membres de la CENI et les opposants ont demandé une révision complémentaire. On a fait cette révision, et ensuite la CENI, la CEDEAO et Union africain ont envoyé des experts, et nous avons travaillé ensemble pendant plus de deux semaines. Ce fichier est très fiable », a-t-il martelé.

Lire aussi : https://linvestigateurafricain.com/cote-divoire-un-nouveau-proces-en-vue-contre-guillaume-soro/

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.