Santé : un vaccin antipaludique jugé efficace par l’OMS


Santé : un vaccin antipaludique jugé efficace par l’OMS

Introduit il y a deux ans, dans le cadre d’un programme pilote historique au Malawi, Ghana et Kenya, le premier vaccin antipaludique au monde a montré une efficacité chez les enfants. Reçu par environ 650.000 enfants, le vaccin a eu des effets positifs et entraîné une baisse de la mortalité, a indiqué l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Fabriqué par le géant pharmaceutique britannique GSK, le vaccin « RTS, S » est le premier vaccin antipaludique, et le seul jusqu’à présent, ayant montré une efficacité pour réduire significativement le nombre des cas de paludisme, y compris de paludisme grave menaçant le pronostic vital, chez les enfants.

Le RTS, S : un vaccin antipaludique efficace

C’était en 2015, que l’Agence européenne des médicaments (EMA) concluait que la qualité du vaccin antipaludique et son profil risque-avantage sont favorables. Elle donnait son avis dans le cadre d’une coopération avec l’OMS qui lui permet de se prononcer sur des médicaments qui ne sont pas destinés à être utilisés dans l’Union Européenne. En mai 2018, les autorités nationales de réglementation du Ghana, du Kenya et du Malawi ont autorisé son utilisation dans les zones pilotes.

Des régions où la transmission du paludisme est de modérée, à sévère, ont été sélectionnées. Deux ans après le début de ce premier test grandeur nature au monde, 1,7 million de vaccins ont pu être administrés, a indiqué l’OMS dans un communiqué. À raison de quatre doses, le vaccin RTS, S affiche un taux de réussite de 39% chez les enfants atteints d’un paludisme simple et de 29% pour ceux atteints d’une forme plus grave de la maladie

Un bilan positif, pour Fred Osei-Sarpong, chargé des vaccinations au bureau de l’OMS au Ghana, mais qui doit être poursuivi : « Le défi est maintenant de voir comment nous pourrons administrer les quatre doses aux enfants. Au Ghana, nous avons mis en place un registre de vaccinations pour s’assurer que tout enfant ayant reçu une première dose reçoive les trois injections suivantes ».

Selon l’OMS, les essais cliniques de phase 3 ont démontré que le vaccin RTS, S, lorsqu’il est administré en 4 doses, prévient 4 cas de paludisme sur 10, et 3 cas sur 10 de paludisme grave menaçant le pronostic vital. Les experts de santé doivent se réunir en octobre prochain pour décider d’un déploiement plus large du vaccin antipaludique dans le monde.

Espoir pour éradiquer le paludisme

Ce vaccin antipaludique, qui nécessite 4 doses jusqu’à l’âge de deux ans environ, « pourrait être la clé pour rendre la prévention du paludisme plus équitable, et pour sauver davantage de vies » a souligné Kate O’Brien, directrice du département immunisation et vaccins à l’OMS. « Le Ghana, le Kenya et le Malawi montrent que les plateformes de vaccination infantile existantes permettent d’administrer efficacement le vaccin antipaludique aux enfants, dont certains n’ont pas pu avoir accès à une moustiquaire imprégnée d’insecticide ou à d’autres mesures de prévention du paludisme » a-t-elle ajouté.

Le paludisme reste la cause majeure de mortalité en Afrique avec 229 millions de cas en 2019 et 400 000 décès chaque année. Ce vaccin antipaludique est donc synonyme d’espoir, d’autant que les craintes d’une résistance du paludisme aux traitements se renforcent. En deux ans, 650.000 enfants ont pu bénéficier du vaccin. Pour l’OMS, ce nombre dans cette période relativement courte est le signe d’une forte demande pour le vaccin.

Selon les spécialistes, le vaccin antipaludique pourrait être « une clé ». Toutefois pour Yacine Djibo, fondatrice de l’ONG Speak Up Africa, « au niveau des pays, il est important de continuer à s’assurer que les personnes puissent se protéger en dormant sous des moustiquaires imprégnées, en allant aux postes de santé, dès les premiers signes de fièvre, et vraiment de s’assurer qu’on continue de mettre en œuvre toutes les différentes interventions aussi bien pour la prévention que pour le traitement du paludisme ». Il est donc important que les mesures de protection déjà en application puissent se poursuivre, en plus du vaccin antipaludique pour résoudre définitivement ce mal.

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