Soudan: le général Al-Burhan confisque drastiquement le pouvoir


Soudan: le général Al-Burhan confisque drastiquement le pouvoir

Pour affirmer davantage son autorité, le général Al-Burhan a procédé, hier jeudi 11 novembre 2021 à la nomination d’un nouveau Conseil de souveraineté. La nouvelle composition écarte entièrement les civils au large profit des militaires. Cette situation démontre aisément que le général Al-Burhan est désormais le seul maitre à bord du vaisseau soudanais.

Malgré les interpellations de la communauté internationale, les putschistes soudanais continuent de résister à l’exigence d’un transfert rapide du pouvoir aux civils. Par ailleurs, ils restent apparemment résolus à conduire seuls et sans l’aide notable des civils la transition au Soudan. Les populations, pour leur part, sont elles aussi déterminées à ne pas laisser ce coup d’Etat prospérer. Mais pour l’instant le général Al-Burhan est libre dans ses manœuvres.

Un Conseil toujours présidé par le général Al-Burhan

Sans grand étonnement, le nouveau Conseil de souveraineté sera dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan. Il conserve donc sa place et maintient à ses côtés certains de ses proches collaborateurs. En grand exemple, s’impose le général Mohammed Hamdan Dogolo, dit « Hemedti ». Ce dernier a été l’un des acteurs clés de la chute du régime d’Omar el-Béchir. Il reste en effet le numéro deux du général Al-Burhan.

S’agissant des représentants des Forces de la liberté et du changement (FFC), qui étaient au nombre de quatre, ils ont été remplacés par de nouvelles personnalités. Leurs responsabilités sont à l’avenir confiées à Salma al-Moubarak ou encore à Abou al-Qassem Bortoum ainsi qu’à d’autres. En tout, treize places sur quatorze ont été pourvues au sein du nouveau Conseil de souveraineté par le général Al-Burhan.

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Une absence de légitimité

Pour les populations hostiles à la prise de pouvoir par la force du général Al-Burhan, la formation d’un nouveau Conseil de souveraineté, est trop osée. Car le nouveau guide de la transition soudanaise n’est pas en mesure de prendre pareille décision. Il ne dispose en réalité d’aucune légitimité.

D’après Hamza Baloul, ministre de l’information dans le gouvernement dissous, la nomination d’un nouveau Conseil de souveraineté est une « fuite en avant ». Tout compte fait, les soudanais ne sont pas prêts à baisser les bras de sitôt. La bataille de revendications dans les rues de Khartoum continue jusqu’à ce que le général Al-Burhan tombe.

A défaut, les populations espèrent que le pouvoir devrait être rapidement rendu à nouveau aux civils. Des manifestations sont même prévues, le samedi prochain. Du côté de l’association des professionnels soudanais, l’acte posé par le général Al- Burhan est sans effets. « Les décisions d’al-Burhan ne s’appliquent qu’à lui-même », ont-ils laissé entendre. Rappelons le, le premier ministre Abdallah Hamdok est toujours maintenu en résidence surveillée.

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El Professor

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