Côte d’Ivoire : A quand le renouvellement de la classe politique ?


Côte d’Ivoire : A quand le renouvellement de la classe politique ?

En Côte d’Ivoire, la bataille se poursuit pour l’obtention d’un renouvellement de la classe politique. Mais le combat n’est pas sur le point d’être gagné de sitôt. Depuis des lustres, la scène politique ivoirienne est marquée par le trio Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et le président Alassane Ouattara. Comme un jeu de chaises, ces derniers semblent avoir mains mises sur la politique ivoirienne.

Longtemps prêché, le renouvellement de la classe politique ivoirienne se fait toujours attendre comme le retour de Jésus de Nazareth. Pendant ce temps, les mêmes personnes sont toujours au pouvoir tandis que la jeune génération de politiques peine à s’imposer.

Ces ténors de la politique ivoirienne vont-ils pouvoir passer le relais un jour aux jeunes ? Si oui, dans quelle mesure et de quelle façon ? La jeunesse quant à elle, veut pouvoir compter sur une classe politique renouvelée et qui ne fait simplement d’elle un argument électoral. Elle espère aussi être actrice de l’avenir de la Côte d’Ivoire.

Le renouvellement de la classe politique, une urgence

D’après bon nombre d’observateurs de la scène politique ivoirienne, il est grand temps que l’ancienne génération puisse impérativement passer le flambeau à la jeunesse. Car les ténors de la politique ivoirienne qui font la pluie et le beau temps sont majoritairement vieillissants. Pour preuve, l’ancien président Henri Konan Bedié est âgé de 87 ans, Alassane Ouattara, 79 ans et Laurent Gbagbo, 76 ans.

Pour donc combler le fossé générationnel qui continue de se creuser, il est nécessaire de procéder à renouvellement de la classe politique. Et ce changement s’impose comme une urgence afin d’apporter les réponses ou solutions idoines dont les ivoiriens ont tant besoin. Ces derniers estiment surtout qu’il temps de tourner la page.

« Je ne me reconnais pas dans cette classe politique ivoirienne malheureusement », a confié Jean Marc Alfred, un étudiant en sciences politiques à Abidjan. Il est principalement reproché à ses acteurs politiques leurs incapacités à appréhender et à comprendre les problématiques auxquelles se heurte la jeunesse.

Leurs détracteurs invoquent surtout leur diminution physique en raison de leur âge très avancé. Alors il parait vital de limiter l’âge des candidats à la présidentielle.

Le renouvellement de la classe politique, un faux problème

Pour balayer catégoriquement ces leaders charismatiques, le député Antoine Assalé Tiémoko pense que la fixation d’une limite d’âge soit un moyen idéal. En clair, il serait question d’un renouvellement de la classe politique, obtenu en poussant ces leaders incontestés à une retraite forcée. Ce qui implique une nouvelle modification de la Constitution. Mais sur la question, les avis restent encore fortement partagés.

Du coté de certains opposants comme Pickas Damana, les problèmes de la Côte d’Ivoire ne sont aucunement liés au simple renouvellement de la classe politique. Au contraire, ils résultent plutôt du non-respect des lois et de la démocratie. Il y voit même un stratagème du parti au pouvoir pour museler l’ancien président Laurent Gbagbo. Ce dernier a fait un retour politique triomphal sur la scène ivoirienne.

D’autres pistes quant à elles, font référence à l’hésitation de la jeunesse ivoirienne à s’impliquer ou à s’initier auprès des ainés pour prendre de façon admirable la relève. On remarque d’ailleurs, une grande distanciation de cette jeunesse de la vie politique ivoirienne. Mais le renouvellement souhaité ne peut sans faire sans son implication réelle à différents niveaux.

« Si nous devons parler du renouvellement générationnel, il faut que la jeunesse s’intéresse à la vie politique. Il faut que la jeunesse se forme. Il faut que nous ayons une jeunesse responsable parce que nous parlons de la présidence de la république », a indiqué Belmonde Dogo, ministre de la Solidarité et de la lutte contre la pauvreté, députée RHDP de Guibéroua.

« Faudrait pas parler du renouvellement générationnel pour le parler. Il faut des personnes compétentes et pour être compétent, il faut que la jeunesse accepte d’apprendre », a-t-elle rajouté.

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Tony AMETEPE

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