Qui est Amadou Soumahoro, l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne décédé ce week-end ?


Qui est Amadou Soumahoro, l’ex-président de l'Assemblée nationale ivoirienne décédé ce week-end ?

« J’ai la profonde douleur de vous annoncer le décès, ce samedi 7 mai 2022, du Président de l’Assemblée Nationale, mon jeune frère, Amadou Soumahoro ». C’est en ces termes que le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a annoncé à ses compatriotes le décès de l’ex-président de l’Assemblée nationale et membre fondateur du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti présidentiel.

Alassane Ouattara a également tenu à rendre hommage à “un grand homme d’Etat, dont l’engagement et le parcours politique ont marqué” la Côte d’Ivoire.

Amadou Soumahoro, fidèle parmi les fidèles

Il est important de rappeler que l’expression, “mon jeune frère”, utilisée par celui qui gouverne la Côte d’Ivoire depuis 2011 pour désigner Amadou Soumahoro n’est pas vaine. En effet, celui qui était surnommé Tchoumba (le sage en malinké), était non seulement un cacique-fondateur du RHDP mais aussi un compagnon de très longue date d’Alassane Ouattara.

L’homme est une des sept personnalités qui ont fondé le Rassemblement des républicains (RDR), l’ex-parti d’Alassane Ouattara. Ainsi, au nom de ce parti, Amadou Soumahoro avait participé aux divers gouvernements de cohabitation de l’ère Gbagbo. Tour à tour, il a été ministre du Commerce extérieur en 2002, et ministre du Commerce de 2003 à 2005. Dans le même temps, le désormais feu Amadou Soumahoro a été maire de Séguéla de 1996 à 2013, puis député de la circonscription de cette ville du Nord.

Quand Alassane Ouattara devient chef de l’Etat en 2011, c’est à ce compagnon, des plus fidèles, qu’il confie les clés de la chapelle RDR, le nommant secrétaire général par intérim jusqu’en 2017. Ouattara fait également de lui, conseiller présidentiel avant de le nommer ministre des Affaires politiques jusqu’à son arrivée à la tête de l’Assemblée.

Lire aussi : CÔTE D’IVOIRE: LE PREMIER MINISTRE PATRICK ACHI CITÉ DANS LES PANDORA PAPERS

Successeur désigné de Guillaume Soro, prompt aux joutes d’influence

Fort de trois décennies d’amitié avec Alassane Ouattara, et souvent partisan reconnu de la ligne dure au sein de la mouvance présidentielle, c’est donc tout naturellement que le nom de Soumahoro va s’imposer pour prendre la suite de Guillaume Soro. Président d’alors de l’assemblée nationale, ce dernier avait été poussé à la démission au cours de l’année 2017, suite à de profonds désaccord avec la mouvance présidentielle, refusant notamment de rejoindre le RHDP.

Si Amadou Soumahoro tenait au perchoir, il a dû s’en éloigner à partir de la fin de l’année 2020. Malade d’un cancer de la prostate, il a dû effectuer plusieurs séjours médicaux en France puis en Turquie au cours de l’année 2021. Et quand il rentre en avril dernier avec la ferme volonté de présider la nouvelle session parlementaire, la maladie l’en empêche à nouveau.

En son absence, c’est à Adama Bictogo, un autre ponte du régime Ouattara, que va être confié l’intérim à la tête de l’Assemblée nationale jusqu’à ce qu’un nouveau président soit élu. Selon certaine sources bien introduites, ce remplacement avait provoqué un redoutable bras-de-fer entre caciques du RHDP. “Surtout connu pour son fort caractère et son intransigeance, Amadou Soumahoro n’avait jamais eu peur de s’opposer à d’autres cadres du parti présidentiel. Avant Adama Bictogo, il n’avait pas hésité à ferrailler avec Hamed Bakayoko, Ibrahim Cissé Bacongo ou encore Guillaume Soro”, dévoilent nos confrères d’un grand média panafricain.

 

Klétus Situ.

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.