Procès Sankara au Burkina Faso: les familles s’impatientent


Procès Sankara au Burkina Faso: les familles s'impatientent

Après une première journée riche en émotions et fortes attentes, le procès Sankara connait enfin une reprise ce lundi 25 octobre 2021. Au cours de cette seconde journée, les parties sont appelées à faire connaitre leurs exceptions. La manœuvre pourrait durer plusieurs jours. Une contrainte à laquelle va devoir faire face, les familles victimes de l’assassinat de Thomas Sankara.

Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara, ancien président et leader de la révolution, a été tué avec douze de ses collaborateurs. Trente-quatre ans après les faits, l’ouverture du procès Sankara apparait comme une bouffée d’oxygène pour les familles. Celles-ci attendent surtout que justice leur soit rendue et que les responsabilités soient enfin situées pour une réconciliation effective au Burkina Faso. Dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara, 14 personnes sont accusées. Parmi elles, deux grands absents. Il s’agit de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, son chef particulier de la sécurité.

Le procès Sankara intentionnellement retardé

Même si les familles se sont préparées depuis bien longtemps à ce procès historique au Burkina Faso, de petites craintes subsistent. Les questions se font nombreuses. La justice va-t-elle faire triompher la vérité et dire le droit ? Les criminels seront-ils enfin sanctionnés ? Les proches des victimes tentent de se montrer confiants.

Mais pour l’instant, les tractations de la défense pour faire trainer les choses lors de ce procès Sankara, ont de quoi agacer sérieusement. C’est un sacré coup au moral. « On sait que c’est un marathon, alors on se dit que chaque kilomètre compte, mais ça reste long », a fait savoir un proche de victime.

Pour Smockey, porte-parole du Balai citoyen, ce stratagème de la défense durant le procès Sankara était prévisible. « On sait que les avocats de ces gens-là vont tout faire pour retarder le plus possible le procès ». Et de rajouter « ceci dit, si l’on a pu attendre 34 ans, l’essentiel c’est que le droit soit dit et que la décision juste soit prise. C’est un dossier emblématique, historique, extrêmement important pas seulement pour le Burkina mais pour le continent africain ».

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Un enregistrement vidéo ou audio du procès

Pour les populations, la nécessité est grande de garder des traces formelles de ce procès, ô combien important pour la réconciliation au Burkina. A cet effet des chercheurs ont lancé une pétition pour l’enregistrement vidéo ou audio du procès des présumés assassins du président Thomas Sankara.

« Nous pensons qu’il est vraiment indispensable d’archiver ce procès pour l’Histoire. Ce n’est pas une bagarre pour expliquer que le droit est de leur côté, ce n’est pas une question juridique. C’est une question d’enjeux pour demain, pour nos enfants », a expliqué pou sa part Rassablega Seydou Ouédraogo chercheur de l’institut Free Afrik.

Afin de pousser le tribunal à revoir sa position suite à son refus d’enregistrer le procès Sankara, les chercheurs envisagent de recueillir au moins 10 000 signatures. Pour y parvenir, les requérants peuvent compter sur le soutien et l’engagement de plusieurs organisations de la société civile.

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Sandrine A

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