Mahamat Idriss Deby Itno : qui est le nouvel homme fort du Tchad ?


Mahamat Idriss Deby Itno : qui est le nouvel homme fort du Tchad ?

Le fils du président défunt Déby, Mahamat Idriss Deby Itno, est désigné chef du Conseil militaire de transition. Ce jeune général quatre étoiles n’a que 37 ans, mais cumule déjà une longue expérience d’officier supérieur de l’armée tchadienne, qui peut s’avérer un atout dans la tâche ardue qui l’attend.

Il prend la tête du Tchad pour un règne de 18 mois à venir. Période au bout de laquelle il sera chargé d’organiser des élections libres et démocratiques. En attendant, le gouvernement et l’assemblée nationale tchadienne sont dissous.

Mahamat Idriss Deby Itno, un pur produit de l’armée

Mahamat Idriss Deby Itno serait née en 1983. Élevé par la mère du président Idriss Déby, d’où son surnom « Mahamat Kaka » (Kaka signifiant grand-mère en arabe tchadien) ; il aurait été adopté par le président. Selon le site tchadien d’opposition letchadanthropus-tribune.com ; son père biologique est Abdraman Hemchi Bourdami, commandant de la garde présidentielle sous le régime de Hissène Habré, mort en novembre 1990 dans les combats contre le groupe armé mené par Idriss Deby.

Il a grandi à N’Djamena ou il a suivi les cours du Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad. Puis il s’est inscrit en France, au lycée militaire d’Aix-en-Provence, où il n’est resté que trois mois. De retour au pays, il poursuit sa formation à l’école militaire. A sa sortie, il intègre, sous les directives de son père, l’armée tchadienne. Il sera ensuite versé dans la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), la garde présidentielle.

En 2009, alors qu’il est âgé de 25 ans, Mahamat Idriss Deby Itno s’illustre à la bataille victorieuse d’Am-Dam contre une coalition rebelle, menée par son cousin Timan Erdimi, neveu du défunt président, dans l’est du Tchad.

Une année plus tard, le jeune militaire qui s’est aguerri sur le terrain, au fil du temps, reçoit, au sein de la DGSSIE, le commandement de l’escadron blindé et des gardes du corps. En 2012, il est nommé à un poste de confiance, à la tête du groupement chargé de la sécurité du palais présidentiel.

Mais c’est en 2013, que ce général quatre étoiles, se serait vraiment distingué. Sa nomination au poste de commandant, en second, des Forces armées tchadiennes, qui interviennent dans le nord du Mali (FATIM), sous les ordres du général Oumar Bikomo, marque beaucoup les esprits et force l’admiration de ses troupes.

Mahamat Kaka, un général plutôt discret

« L’homme aux lunettes noires », comme l’appellent certains militaires, est présenté dans l’armée comme un officier discret et taciturne, attaché à ses soldats. Militaire de carrière, comme son père, il appartient aussi à la même ethnie, les Zaghawas, dont les officiers sont particulièrement nombreux au sommet d’une armée considérée comme l’une des meilleures de la région.

Longtemps dans l’ombre de son frère, Abdelkerim Idriss Déby, directeur de cabinet adjoint du président, il était entré dans la lumière lorsqu’il a été nommé commandant-adjoint des forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim) en 2013. Il est perçu par certains opposants comme la « main exécutante » d’Idriss Déby. Il est même dit que des discussions autour de la succession ont donné lieu à des divisions dans le clan présidentiel, ces dernières années. Mahamat Idriss Deby Itno n’était donc pas la seule option.

Fils d’une mère gorane, une autre ethnie saharienne, Mahamat est également marié à une Gorane, Dahabaye Oumar Souny, journaliste au service de la presse présidentielle et fille d’un haut gradé proche de l’ancien président Hissène Habré, renversé en 1990 par M. Déby.

Pour cette raison notamment, Mahamat Idriss Déby Itno est regardé avec méfiance par sa communauté zaghawa, selon plusieurs experts de la région. « Il est beaucoup trop jeune et n’est pas spécialement aimé par les autres officiers. Il va surement y avoir une nuit des longs couteaux », a déclaré à l’AFP Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po Paris.

Malgré tout, pour un observateur de la société civile, c’est un chef très estimé de ses hommes, et qui a su gagner le respect de ses soldats sur le champ de bataille. Dans cette période troublée, il serait un facteur stabilisant, faisant l’unanimité au sein des généraux.

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