Bénin : la société civile et plusieurs opposants debout contre la règle des parrainages


la règle des parrainages

Au Bénin, la règle des parrainages requise pour être candidat à la présidentielle prochaine a du mal à passer aussi bien chez les opposants qu’auprès de la société civile. Alors, ces derniers ont déposé des recours devant la Cour constitutionnelle. Soit cinq recours en tout pour contester cette règle.

Selon la règle des parrainages, les partis politiques doivent désormais recueillir 16 parrainages afin de pouvoir présenter un candidat à l’élection présidentielle au Bénin. Ceci conformément à la loi électorale modifiée en novembre 2019. Or, seul le président Patrice Talon est capable de répondre strictement à cette obligation. Cette nouvelle règle si elle est maintenue, met sérieusement à mal les autres candidats qui ne pourront pas se présenter aux élections.

Une contestation nécessaire contre la règle des parrainages

Pour se faire entendre à tout prix, les acteurs de la société civile et plusieurs opposants ont dû recourir à la haute juridiction étatique qu’est la Cour constitutionnelle. Auprès de cette juridiction, ces requérants veulent obtenir la suppression de la règle des parrainages. C’est-à-dire l’inapplicabilité de cette disposition.

« L’application de la loi rendra en fait la démocratie impossible. C’est contraire à l’essence des réformes politiques conduites par le chef de l’Etat », avait affirmé Ralmeg Gandaho. Il se fonde sur le soutien massif dont jouit le chef de l’Etat béninois. 83 députés et plus de 90% des élus locaux sont du camp de Patrice Talon.

Une alternance repoussée

Pour Ralmeg Gandaho, le collège de parrains prévu par la loi ne laisse aucune possibilité d’alternance en 2021. Alors, il souhaiterait que les citoyens aient la liberté de choisir ceux qui sont sensés les gouverner les prochaines années. Partant sur cette base, les personnes ayant des idées contraires doivent être simplement écartées.

Selon Nadin Kokodé, de la diaspora béninoise, la souveraineté du peuple serait menacée. Surtout si on tient compte du fait que le Parlement qui a introduit cette réforme était monocolore. Il ne constitue qu’une simple chambre d’exécution pour le président.

Patrice Talon, quant à lui, promet que tout le monde pourrait participer aux prochaines élections. « La FCBE et surtout Les Démocrates, en attente du récépissé de son existence légale, iront aux élections », a déclaré le président lors de sa tournée nationale. Pour rappel, la date de la présidentielle au Bénin est fixée au 11 avril 2021.

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