[Analyse] Légalisation de l’homosexualité en Afrique: diktat international ou libre choix des nations ?


Légalisation de l’homosexualite en Afrique: diktat international ou libre choix des nations ?

Jugée contre nature, voire immorale, l’homosexualité en Afrique s’invite de plus en plus dans les pratiques. Sa dépénalisation dans certains pays du contient noir tend davantage à se généraliser depuis quelques années. Les pays africains qui autrefois étaient assez conservateurs, ont changé de dynamique. Plusieurs d’entre eux ont assoupli leur législation pour permettre aux personnes appartenant à cette minorité sexuelle de trouver un cadre d’expression.

Toutefois, il est nécessaire de s’interroger sur cette nouvelle tournure des évènements. Est-ce du mimétisme « Copier-Coller », comme nous savons si bien le faire en Afrique ? Sommes-nous vraiment parvenus au point d’une plus grande tolérance consacrant la pleine acceptation de l’orientation sexuelle de l’autre ? Il semblerait que la ligne soit étriquée lorsqu’il s’agit d’homosexualité en Afrique.

Légalisation de l’homosexualité en Afrique, une sauvegarde des intérêts diplomatiques ?

A y voir de plus près, on serait tenté d’affirmer avec évidence que l’acceptation de l’homosexualité en Afrique est soumise à l’état de nécessité de nombreux pays africains. Ceux-ci essayent, par tous moyens, de préserver leurs intérêts ou acquis sur la scène internationale. Une démarche parfois nécessaire pour assurer la survie économique de leur peuple.

Alors, on se heurte encore à la triste réalité d’une Afrique encore asservie, mendiante et obligée d’accepter toutes les pires compromissions. Tout cela pour pouvoir bénéficier d’un soupçon d’avantages auprès de bailleurs de fonds ou partenaires internationaux. Et oui comme on le sait, c’est la main qui donne qui souvent contraint.

Par mesure d’anticipation, des pays comme le Gabon, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin, le Mali ont choisi de prendre les devants. Craignent-ils de subir l’avalanche des mécanismes coercitifs émanant de l’extérieur ?

Quoi qu’il en soit, de nombreuses techniques sont de plus en plus utilisées pour contraindre les pays africains à se plier à la volonté de la communauté internationale. Ceci au prétexte de la garantie des droits humains que la majorité de ces pays ont ratifié. Le constat à l’état actuel, est que l’homosexualité en Afrique est légale dans seize pays.

Une orientation sexuelle encore largement criminalisée

Même si les lois en faveur de l’homosexualité en Afrique tendent à devenir courantes dans certains Etats, des progrès restent à réaliser. Car que ce soit de façon officielle ou officieuse dans plusieurs de ces pays, la communauté LGBTQI est en proie à la stigmatisation. Elle n’est pas non plus épargnée des violences de toute sorte.

Dans des pays encore réfractaires à cette tendance, les homosexuels encourent des sanctions comme la prison à perpétuité ou même la peine de mort. Quelques fois les peines vont jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Par conséquent, il se crée une différence de traitement quand on est homosexuel selon le pays dans lequel on se trouve.

C’est le cas notamment en Tanzanie où les personnes de même sexe pratiquant des rapports sexuels sont exposées à une peine allant de 20 à 30 ans. Même son de cloche au Togo avec l’article 392 du code pénal en vigueur, qui qualifie l’homosexualité d’outrage aux bonnes mœurs. Les contrevenants encourent un à trois ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un à trois millions de francs CFA. A contrario, l’homosexuel gabonais ne subit aucune incrimination pour son orientation sexuelle.

Toutefois pendant combien de temps encore, ces pays vont-ils résister avant d’être atteints par la marée de la légalisation de l’homosexualité en Afrique ? Apparemment, les dés d’une nouvelle Afrique plus tolérante sont jetés. Même si le processus prendra un temps fou avant de se matérialiser, les homosexuels pourront à l’avenir affirmer leur identité sans craindre pour leur vie ou choix.

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Tony AMETEPE

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