Financement des campagnes électorales: l’État malgache en otage ?


Financement des campagnes électorales: l’État malgache en otage ?

Pour accéder au pouvoir, certains partis politiques font recours à des pratiques illégales dans le financement des campagnes électorales. Conséquences, ils se retrouvent bien souvent, sous la houlette de leurs pourvoyeurs. Et finalement, c’est le pays qui subtilement devient un otage.

C’est ce que révèle, le rapport d’enquête et d’analyse sur « L’opacité du financement politique à Madagascar », conduit par Transparency International Initiative Madagascar. Sont principalement concernées par l’illégal financement des campagnes électorales, les présidentielles 2013 et 2018. Lors de ces temps forts de la politique malgache, de grosses dépenses ont été effectuées par des candidats sans qu’on se puisse en cerner l’origine.

Des financements de campagne douteux

L’enquête menée par TI-IM sur le financement des campagnes électorales à Madagascar a permis de faire des découvertes intéressantes. Il s’agit notamment des arrangements fallacieux qui s’opèrent entre les candidats en complicité avec leur parti et des entreprises ou individus puissants, étrangers ou non. Cette pratique se résume sous l’appellation « capture de l’État par des intérêts privés ».

Ce soutien financier apporté à ces candidats se transforme plus tard en redevabilité. Et ce sont les secteurs productifs et stratégiques du pays qui sont parfois donnés en récompense.

« On peut constater que dans certains secteurs, il y a des décisions qui sont prises par le régime actuel qui laissent penser qu’il y a un retour d’ascenseur vis-à-vis des de ces entités, personnes ou entreprises privées qui ont ou auraient pu financer la dernière campagne présidentielle », a expliqué Mialisoa Randriamampianina, chargée du programme sur l’intégrité politique chez TI-IM.

Plus de transparences

Pour éviter ces violations à l’avenir, de la loi régissant, campagnes et élections, il est suggéré plus de transparence en ce qui concerne le financement des campagnes électorales. A cet effet, une proposition de réforme de la loi est en cours. Elle devrait permettre une plus grande traçabilité des fonds employés durant la campagne.

Outre cela, la nouvelle mesure permettra d’inscrire un plafonnement des fonds. Il sera également question de doter les instances de contrôles d’outils légaux pour sanctionner ou recadrer les contrevenants.

« Notre soupçon, c’est que des entités qui ne disent pas leur nom sont en train de décider à la place de nos décideurs et de décider pour les citoyens malgaches », a déploré Mialisoa Randriamampianina. « Nous pensons que les pratiques d’opacité de financement des campagnes électorales, contribuent à prendre l’État malgache en otage », a-t-elle renchérit.

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Sandrine A

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