Fermeture des frontières guinéennes : que cache cette décision unilatérale?


fermeture des frontières guinéennes

La fermeture des frontières guinéennes a été décision unilatéralement. La Guinée a bouclé ses frontières avec ses voisins. Officiellement, cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’élection présidentielle du 18 octobre prochain. Mais, elle ne concerne que deux pays, à savoir le Sénégal et la Guinée-Bissau. De quoi alimenter de multiples interrogations sur d’éventuelles autres raisons de cette décision.

Dans le camp du président Alpha Condé, cette fermeture des frontières guinéennes est justifiée par la crainte des fraudes massives par ceux qui viendraient de l’extérieur. Mais pour le camp de l’opposition, ce ne sont pas les fraudes que le pouvoir craint mais plutôt le vote massif en faveur de l’opposition. En effet, Cellou Dalein Diallo, le principal candidat de l’opposition, semble être soutenu par une forte communauté peulhs. Or, celle-ci est très présente en Guinée-Bissau et au Sénégal, avec parfois une double nationalité.

Par exemple, la fermeture des frontières guinéennes constitue un obstacle pour le vote des Guinéens enrôlés dans leur pays d’origine et vivant en Guinée-Bissau. Ces derniers sont bloqués sans possibilité de traverser les frontières, pour voter le 18 octobre prochain. Cette fermeture des frontières guinéennes est d’autant plus suspecte qu’elle a été décidée de façon unilatérale. Sachant que le président Bissau-Guinéen s’est clairement opposé au troisième mandat de Condé, on pourrait penser qu’il pourrait soutenu l’opposition contre l’actuel président.

fermeture des frontières guinéennes, Alpha Condé rejette la communautarisation de la politique en Guinée

Concernant les diverses interprétations de la fermeture des frontières guinéennes, pour le président sortant, dire qu’un candidat bénéficierait du soutien d’une communauté particulière dont il est origine, serait une faute. Dans une interview accordée en exclusivité à France 24 et RFI, le président guinéen a clairement rejeté l’intention, que certains lui prêtent, de vouloir empêcher le vote en faveur de son adversaire.

« Moi je n’ai jamais tenté d’éliminer qui que ce soit (à l’élection). J’ai toujours voulu une élection inclusive », a-t-il déclaré. Et d’ajouter à propos des discours communautaristes que « Je suis un panafricaniste et je ne me vois pas en train de mener un combat en faveur d’une ethnie ou d’une autre. Moi je me suis battu contre Sékou Touré (Malinké). Je n’ai jamais attaqué sa personnalité, ni son ethnie. Quand je me battais contre Sékou Touré, ceux qui menaient la lutte avec moi étaient des peulhs. Il faut arrêter de résumer la politique à une histoire d’ethnie », a déclaré le président guinéen. « Nous avons beaucoup souffert, poursuit-il, il nous faut ressouder le tissu social ».

La fermeture des frontières guinéennes, aucune crainte de l’opposition

Alpha Condé n’a pas de crainte en ce qui concerne la prochaine élection dans son pays. Il se dit non inquiet, car, selon lui, seule la volonté populaire triomphera au soir du 18 août. Pour le président sortant, l’actuel chef de file de l’opposition a été un « fossoyeur » de l’économie guinéenne à l’époque où il était le Premier ministre du président Lansana Conté.

« Moi je me suis battu pendant 45 ans, j’ai créé un parti. Mes adversaires sont des fonctionnaires qui sont devenus premiers ministres. Après avoir mis le pays à terre, ils ont créé des partis. C’est extraordinaire que moi qui me suis battu pendant 45 ans, je sois considéré comme un dictateur, alors que ceux qui ont pillé le pays sont aujourd’hui des opposants », a déclaré M. Condé.

En évoquant la gouvernance chaotique de feu Lansana Conté, il épingle implicitement son principal challenger Cellou Dalein Diallo, qui fut Premier ministre : « (…) parce que le président Conté disait : moi je suis militaire, je m’occupe du camp et des frontières, et vous les démocrates faites ce qui est bien pour le pays ». Une façon de dire que Cellou Dalein Diallo n’a rien fait de bon pour son pays. « La Guinée a la particularité que tous les opposants sont des anciens premiers ministres » et dont la gestion a été mauvaise, réaffirme le chef de l’Etat.

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