Embargo de la Cédéao contre le Mali: le risque d’explosion du coût de la vie se fait grand


Embargo de la Cédéao contre le Mali: le risque d’explosion du cout de la vie se fait grand

Depuis le dimanche 09 décembre, le Mali est sous embargo de la Cédéao. Cette sanction de l’instance sous régionale est motivée par le non-respect des autorités de la transition, de leurs engagements pris envers la Cédéao. C’est-à-dire la tenue des élections le 27 février prochain.

Malheureusement les sanctions décrétées par la Cédéao risquent de peser énormément sur le quotidien des maliens. Même si la junte prévoit des moyens de contournement de l’embargo de la Cédéao, la situation reste tout de même difficile à gérer sur le long terme. Rappelons que les chefs d’Etats ouest africains ont décidé du gel des avoirs de l’Etat malien, de même que l’interdiction des transactions financières. Un blocus des frontières a également été ordonné. Toutefois les produits essentiels et les produits pharmaceutiques ne sont pas concernés.

Une dégradation de la situation économique du Mali

Selon plusieurs économistes et entrepreneurs, l’embargo de la Cédéao sera difficile à supporter pour l’Etat malien. Ceci dit, un grand coût doit être supporté par le gouvernement pour tenir sur la durée. « Nous avons la possibilité d’un point de vue des liquidités de tenir un mois. Au-delà de deux, c’est intenable », s’inquiète Etienne Fakaba Sissoko, économiste au Centre de recherche, d’analyses politiques, économiques et sociales du Mali, le Crapes.

Ceci dit, les populations vont se heurter à une cherté de la vie, en raison du nouveau circuit d’approvisionnement qui sera employé par les autorités en place pour répondre aux besoins. « En Guinée, le port n’est pas suffisamment outillé pour recevoir le trafic commercial du Mali. Donc, en cas de redirection de l’économie du Mali vers ce port-là, c’est deux à trois jours avant qu’il n’y ait des débordements à ce niveau », prévient Etienne Fakaba Sissoko.

« Par rapport à l’Algérie, il faudrait passer par le Grand Nord qui échappe au contrôle de l’Etat. Et de l’autre côté, vous avez la Mauritanie avec laquelle nous n’avons même pas de routes fiables » a rajouté l’économiste. Alors les autorité doivent vite agir pour que l’embargo de la Cédéao soit levée.

Lire aussi:  SANCTIONS DE LA CÉDÉAO : LES MALIENS S’ATTENDENT À DES SEMAINES DIFFICILES SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE

Embargo de la Cédéao, une aubaine pour le commerce clandestin

Pour l’économiste Bérenger N’Cho, il faudrait s’attendre désormais à plusieurs conséquences désastreuses dont on ne maitrise pas l’entière portée. « Il peut avoir au niveau macroéconomique un effet de détournement de commerce au profit des autres pays qui ne sont pas de la Cédéao, notamment les pays comme l’Algérie et la Mauritanie, par exemple. Je pense que ça va augmenter un peu la contrebande. Les voies officielles seront détournées au profit du commerce clandestin ».

Et de renchérir, « maintenir ces sanctions au niveau du gel des avoirs, par exemple, ou bien au niveau des transactions financières, c’est priver l’économie malienne d’investissements importants pour son développement local ».

D’après Hubert Coulibaly, membres du Cadre des partis politiques pour une transition réussie, l’embargo de la Cédéao contre le Mali aurait pu être simplement évité. « Le peuple malien, aujourd’hui, dans sa situation, ne mérite pas d’être sous ces sanctions-là. Mais les autorités de la transition en portent l’entière responsabilité, de la même manière qu’elles portent la responsabilité de trouver les voies et les moyens pour en sortir le plus rapidement possible ».

Lire aussi: DIKTAT EXTÉRIEUR : LES AUTORITÉS MALIENNES DISENT NON AUX LEÇONS DE DÉMOCRATIE

El Professor

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.