Mali : pourquoi la CEDEAO tarde-t-elle à lever l’embargo ?


embargo contre le Mali

La CEDEAO n’a toujours pas levé son embargo contre le Mali bien que la situation politique se normalise peu à peu. Ceci, depuis l’investiture, il y a quelques jours, d’un président civil. Cet embargo contre le Mali, affecte négativement l’économie du pays et inquiète donc les Maliens. Qu’attend donc l’organisation sous-régionale pour lever les sanctions contre le peuple malien ?

Les conditions sont-elles réunies pour la levée des sanctions prises, c’est à dire l’embargo contre le Mali ? C’est du moins l’autre question qu’on pourrait se poser, au regard des exigences de l’organisation ouest-africaine. En effet, avant de lever ses sanctions contre le Mali, la CEDEAO avait imposé trois conditions principales. La première condition concerne la désignation d’autorités civiles pour conduire la transition. La deuxième concerne la durée de la transition. Sur ce point, la CEDEAO avait consenti à une durée de 12 mois. La troisième condition concerne la dissolution du CNSP, le comité militaire. Lors du mini-sommet d’Accra, le 15 septembre dernier, la CEDEAO était également d’accord pour qu’un militaire occupe le poste de vice-président. Mais, avec des prérogatives très limitées.

Les prérogatives du colonel Assimi Goita posent problème

La CEDEAO voulait un civil à la tête du pays. C’est désormais chose faite. Elle exigeait également une transition courte. La durée de 18 mois proposée par la charte malienne est jugée acceptable. Les problèmes se situent au niveau de deux points. Il s’agit notamment des attributs du vice-président et la dissolution du CNSP. Sur la question des prérogatives du vice-président, la CEDEAO exigeait que celui-ci ait des charges limitées. C’est-à-dire que, par exemple, il ne pouvait pas assurer l’intérim en cas de force majeure durant cette transition. Sa mission ne devrait se limiter qu’aux questions de sécurité et de défense nationale.

Or, le jour de la prestation de serment du président et son vice, une déclaration officielle a fait polémique. Dans cette déclaration, il est dit que le vice-président pourrait prendre la place du président en cas de force majeure. Une disposition non-acceptée par la CEDEAO. De quoi susciter les mécontentements de l’organisation, qui, jusqu’à présent, n’a pas pu étudier de fond en comble la charte de la transition.

D’ailleurs, le contenu du document même est méconnu du grand public. La CEDEAO craint que le président ne soit juste qu’une marionnette aux mains des militaires. Par conséquent elle attend beaucoup pour mettre fin  à l’embargo contre le Mali. Dans une telle configuration, le vice-président pourrait avoir une influence beaucoup plus grande. Alors la levée de l’embargo contre le Mali est encore soumise à réflexion.

La CEDEAO réclame la dissolution du comité militaire

Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est l’organe mis en place par la junte qui a pris le pouvoir le 18 août dernier. Ce comité est dirigé par le Colonel Assimi Goita, qui est le nouveau vice-président du Mali. Mais depuis l’investiture du président Bah N’DAW et du vice-président, ce comité, qui regroupe les officiers putschistes, n’a toujours pas été dissout. Peut-être après la formation du gouvernement ? Dans ce cas, on pourrait s’attendre aux positionnements de certains officiers au sein de ce gouvernement, pour les amener à se détacher du CNSP. C’est du moins l’analyse que fait un observateur malien.

Mais pour la CEDEAO, c’est une condition sine qua non. Il faut dissoudre ce comité militaire et que les militaires rejoignent leurs casernes. Pour l’organisation sous-régionale, l’idée est de réduire l’influence des militaires sur la vie politique malienne. Et pour cause, malgré l’installation des autorités civiles, notamment le président et le premier ministre, les militaires n’ont toujours pas regagné complément les casernes.

Pour l’heure, les Maliens attendent toujours le nouveau gouvernement qui pourra conduire la transition. Les tractations se poursuivent dans ce sens entre le Premier ministre et les partis et formations politiques ainsi que la société civile. Selon des sources au sein des pouvoirs maliens, les nouvelles autorités du pays maintiennent les négociations avec la CEDEAO. Objectif : aboutir à la levée de l’embargo contre le Mali.

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