Santé: les centres hospitaliers publics, des mouroirs par excellence en Afrique


Santé: les centres hospitaliers publics, des mouroirs par excellence en Afrique

Avoir accès à des soins de qualité est un droit fondamental pour tout être humain. Mais en Afrique, cette nécessité est de plus en plus difficile à satisfaire. Les centres hospitaliers publics, privés des moyens et matériels adéquats se retrouvent le plus souvent en piteux état. Résultats, des milliers de morts au quotidien dans ces hôpitaux.

En cas de maladie avérée ou de symptômes visibles, les populations éprouvent une gêne géante, à aller se faire soigner dans des centres hospitaliers publics. Les populations vulnérables sont celles-là qui subissent de la plus violente des façons la défaillance des systèmes de santé en Afrique. A quand une réforme véritable de ce secteur dans bon nombre de pays africains ?

L’attente se fait toujours longue. Si la crise de la Covid-19 a clairement ressorti les insuffisances dans les centres hospitaliers publics, l’on constate avec aberrance que rien n’est toujours fait.

Un personnel insoucieux dans les centres hospitaliers publics

Dans les hôpitaux publics africains, le constat est tristement amer et sévère. L’inhospitalité de l’hôpital est devenue la norme des agents de santé qui se retrouvent le plus souvent très débordés par l’affluence. Qu’il s’agisse des équipements de laboratoires ou de radiothérapie et même plateaux techniques, tous sont souvent vétustes. Pire encore, la qualité des soins est exécrable.

« Mon frère, suite à un accident de circulation, a été transféré dans un hôpital public du pays. Parce qu’il n’y avait personne pour répondre immédiatement de lui, il a été abandonné aux urgences sans soins et en est finalement mort », s’est tristement indigné Hervé.

« Bien qu’ils ont prêté serment de sauver des vies, ils n’ont plus aucune humanité. Si tu n’as pas d’argent pour amener directement le malade dans une clinique privée, tu risques le pire », nous a confié Eudoxie, une garde malade. « Ce sont des buveurs de sang. La mort des gens ne leur dit plus rien », a-t-elle rajouté.

Une médiocrité des soins dans les centres hospitaliers publics

Sur le continent, se faire soigner comme il se doit dans ces centres hospitaliers publics exige une bonne dose de patience. Une vertu dont les patients ne sauraient faire preuve surtout en temps d’agonie ou de malaise profond. « Ça fait trois jours que je viens dans cet hôpital sans voir le médecin qui doit me consulter. Nous sommes tellement nombreux. Seuls quelques-uns arrivent à franchir sa porte », s’est plaint Kossi fatigué d’espérer le médecin spécialiste.

Malgré le fait que ces hôpitaux regorgent d’excellents médecins ou spécialistes, le résultat obtenu n’est pas souvent le même. Une différence de traitement est clairement affichée dans la façon de s’y prendre avec les patients. Les cas de négligences ou d’indifférence des ces professionnels de santé sont également légions. Certains détournent les patients des centres hospitaliers publics vers leurs cabinets privés.

Contrairement aux pays développés, l’Afrique compte en moyenne un médecin pour 5 000 habitants. Cette pénurie d’agents de santé dans les centres hospitaliers publics pose un énorme dilemme dont les populations en pâtissent au quotidien. Cette situation déplorable est amplifiée par la fuite des cerveaux. Plusieurs professionnels de santé préfèrent plutôt apporter leur expertise en occident plutôt que dans leur pays, en raison du revenu souvent trop maigre.

Des inégalités renforcées

Même si des efforts colossaux sont déployés par les gouvernements en matière de santé, l’accès aux soins est encore plus difficile pour les ménages pauvres. Ceci en raison de leur cherté. Alors, ces populations pauvres, surtout celles vivant en zones rurales préfèrent se tourner vers des prestataires dont la quasi-totalité exerce dans un secteur privé informel. Il s’agit notamment des guérisseurs, des tradipraticiens, des marabouts et des revendeurs de médicaments non agréés.

L’instauration de la gratuité dans certaines localités a plutôt entraîné l’effet contraire. C’est-à-dire un retour à̀ la baisse dans la qualité des soins et un cercle vicieux qui accroit la mort de plusieurs patients. On peut citer entre autres, des facturations illégales des soins, un absentéisme des personnels de santé, une revente des médicaments gratuits et j’en passe.

Pour éviter tous ces désagréments, les plus nantis ou les citadins des classes moyennes et supérieures choisissent de recourir aux services des cliniques privées. Dans ces cliniques bien équipées et qualifiées se retrouvent parfois les mêmes praticiens qu’à l’hôpital public. Au mieux, certains décident de se faire soigner à l’étranger, au Maghreb, en Afrique du Sud, en Europe ou aux États-Unis.

En clair, en Afrique, il subsiste d’une part, une médecine privée payante de bonne qualité et réservée aux riches, et des soins parfois gratuits, mais de qualité inférieure, pour les populations les plus pauvres. Comme si le nombre de morts ne suffisait pas, jours après jours, le fossé se creuse davantage et occasionne de nombreux décès.

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El Professor

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