Armée malienne : vers un remaniement ?


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Se dirige-t-on vers de nouvelles nominations au sein de l’armée malienne ? C’est, en tout cas, la question qui taraude les esprits, après la nomination des officiers supérieurs au sein du gouvernement. On se demande ainsi si ces derniers vont rester dans le gouvernement tout en gardant le commandement de leurs différents corps.

Attendu depuis quelques jours, le nouveau gouvernement malien, qui va conduire la transition de 18 mois, est connu. Lundi 05 octobre 2020, le Président de la transition a dévoilé une liste de 25 membres, dans laquelle figure 4 officiers supérieurs. Il s’agit du Colonel Sadio CAMARA, du Lieutenant-colonel Abdoulaye MAIGA, du Colonel Modibo KONE et du Colonel-Major Ismaël WAGUE. Ils sont nommés respectivement Ministre de la Défense, Ministre de l’Administration Territoriale, Ministre de la Sécurité et Ministre de la Réconciliation Nationale.

Ces officiers de l’armée malienne dirigent soit des unités, soit des corps militaires. Ils sont des acteurs clés au sein de l’armée malienne, surtout en ce qui concerne le putsch du 18 août dernier. Par exemple, Sadio Camara, instructeur militaire et ancien Directeur de l’Académie militaire du Mali, est considéré comme l’âme et le cerveau de la révolte.

L’Armée malienne, vont-ils quitter le commandement militaire ?

Une fois nommés au gouvernement, à des postes plus ou moins politiques, ces officiers doivent en principe quitter le commandement militaire. Par exemple, on voit mal un ministre de la sécurité en train de commander des militaires. Aussi, le Colonel-Major Ismaël WAGUE, qui est jusqu’ici chef d’état-major adjoint de l’armée malienne de l’air, ne peut pas continuer à occuper ce poste tout en gérant la question de la réconciliation. Pour mener à bien sa nouvelle mission, il est obligé de se consacrer à son poste dans le nouvel exécutif.

Ainsi donc, il est plausible de voir, dans quelques jours, des changements au niveau des postes au sein de l’armée. Surtout que les officiers nommés ministres ne sont pas les seuls meneurs de la fronde contre IBK. Certains attendent d’être récompensés. Ceux-ci pourraient donc être nommés à des postes élevés au sein de l’armée, par rapport aux postes occupés actuellement. Ils pourraient être conduits à la tête des différents états-majors ou promus à des grades supérieurs.

L’Armée malienne, le Comité militaire n’est toujours pas dissout

Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est l’organe mis en place par la junte qui a pris le pouvoir le 18 août dernier. Ce comité est dirigé par le Colonel Assimi Goita, qui est le nouveau Vice-Président du Mali. Mais depuis l’investiture du Président Bah N’DAW et du Vice-Président, ce comité, qui regroupe les officiers putschistes, n’a toujours pas été dissout. Or, sa dissolution fait partie des exigences fixées par la CEDEAO avant la levée des sanctions contre le pays. En réclamant la dissolution de ce comité militaire, la CEDEAO veut minimiser l’influence des putschistes sur le processus de transition en cours.

Et pour cause, malgré l’installation des autorités civiles, notamment le Président et le Premier ministre, les militaires n’ont toujours pas regagné complément les casernes. Le CNSP, tant qu’il existe, donne une force aux militaires qui se retrouvent dans une structure formelle pour influencer le processus. Or, si le mouvement est dissout, chaque officier devra donc rejoindre sa caserne et se plier uniquement aux décisions de Président de la République.

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