Affaire de déstabilisation du Mali : la cour suprême abandonne les poursuites


Affaire de déstabilisation du Mali : la cour suprême abandonne les poursuites

La Cour suprême du Mali a confirmé, lundi, l’abandon des poursuites intentées contre plusieurs personnalités, dans l’affaire de déstabilisation du Mali. Parmi les accusés se trouve un ancien Premier ministre et un animateur radio vedette, accusés depuis décembre 2020 d’avoir préparé un coup d’Etat.

Ils ont été arrêtés depuis le 21 décembre 2020, sauf l’ancien premier ministre que sa famille disait en lieu sûr.

Abandon des charges de déstabilisation du Mali

« La Cour a délibéré. Elle a rejeté le pourvoi du procureur général », a déclaré à l’AFP l’avocat de deux des prévenus, Cheick Oumar Konaré. En effet, le procureur général s’était pourvu en cassation contre une décision d’abandon des poursuites prise en mars par la cour d’appel de Bamako.

Les cinq détenus ont été libérés après quatre mois de détention. Il s’agit de l’animateur radio Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU, organisation de paris sur les courses de chevaux et de jeux de hasard).

Mais aussi, on citera Aguibou Tall, un responsable d’une agence œuvrant à l’accès aux télécommunications et demi-frère de l’ex-Premier ministre Boubou Cissé, et deux hauts cadres du Trésor public (Finances de l’Etat), Mamadou Koné et Souleymane Kansaye.

Début mars, la cour d’appel avait ordonné l’abandon des poursuites et la « remise en liberté immédiate de tous les inculpés » dans ce dossier dit de « complot contre le gouvernement de la République », avant que le parquet ne fasse appel dans cette nébuleuse affaire de déstabilisation du Mali.

Boubou Cissé, libre des accusations de déstabilisation du Mali

Outre les cinq détenus libérés, l’ancien premier ministre de IBK, Boubou Cissé, faisait aussi partie des accusés. Un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui fin 2020, mais il n’a pas été arrêté. Ses proches ont indiqué qu’il se trouvait « en lieu sûr » à Bamako.

Le dernier chef du gouvernement d’Ibrahim Boubacar Keïta, avant son renversement par des militaires en août 2020, a réagi après cette décision de la cour suprême. « Cette décision de la Cour Suprême vient mettre un terme définitif à cette sinistre affaire, et souhaitons-le, aux persécutions inutiles et tentatives d’atteinte à notre honneur et à notre dignité dans le cadre d’un complot imaginaire », a déclaré Boubou Cissé dans un communiqué.

« Le délibéré de la Cour suprême est sans appel donc cette affaire est terminée », a abondé son avocat, Me Kassoum Tapo. Il faut préciser que par son rang, Boubou Cissé apparaissait dans le dossier comme le possible instigateur de cette présumée tentative de déstabilisation du Mali.

Cette affaire, révélée en décembre dernier avec une série d’interpellations par la Direction générale des services de l’Etat (DGSE, le renseignement malien), a suscité beaucoup de questionnements dans l’opinion malienne. La personnalité des mis en cause et l’opportunité d’une tentative de déstabilisation du Mali, étant donné le contrôle du pays par les militaires depuis le putsch, avaient laissé les maliens perplexes.

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