Activités minières en Guinée : le TLP et la PCUD exigent une enquête du Parquet national financier français


Activités minières en Guinée : le TLP exigent une enquête

Le TLP et la PCUD demandent au Parquet national financier français d’ouvrir une enquête sur les activités minières en Guinée. Il s’agit d’une enquête pour corruption active d’agent public étranger, corruption passive ou active des personnes n’exerçant pas une fonction publique, trafic d’influence, blanchiment et présentation de comptes sociaux inexacts. L’objectif est de faire la lumière sur les activités minières en Guinée de la société française Alliance Minière Responsable (AMR).

Suite à de nombreuses révélations dans la presse depuis 2016, le TLP (Tournons La Page) et la PCUD (Plateforme nationale des Citoyens Unis pour le Développement) ont décidé de porter une plainte simple contre X le jeudi 12 novembre 2020. Ceci, afin qu’une enquête menée par le Parquet national financier français puisse éclairer l’affaire. C’est ce qu’a tweeté Ibrahima DIALLO, Coordinateur TLP Guinée.

Les révélations de Médiapart et du Média sur les activités minières en Guinée

Tout serait parti des révélations de ces deux grands medias qui ont mené des enquêtes sur les activités minières en Guinée. En effet, en 2013, un jeune entrepreneur français, Romain Girbal, acquiert de manière douteuse un permis d’exploitation d’un gisement de bauxite en Guinée.

En 2015, Girbal crée, en France, l’Alliance minière responsable (AMR), qui devait révolutionner le secteur minier par des pratiques éthiques et respectueuses de l’environnement. Le projet a séduit l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg. Ce dernier a ouvert à Girbal son carnet d’adresses et lui a permis de faire entrer au capital de l’AMR Anne Lauvergeon ou encore Xavier Niel.

Mais très vite, l’entreprise française se montre incapable de lever les fonds nécessaires à l’exploitation de la mine. Elle va alors céder de manière déguisée son gisement à une entreprise à capitaux majoritairement chinois, la Société minière de Boké (SMB).

Des investigations menées, il s’est avéré que cette start-up et ses fondateurs ne semblent disposer d’aucune expérience ni d’aucune garantie dans le secteur minier. De surcroît, la start-up semble avoir bénéficié du soutien de grands noms français de la politique et de l’industrie mais aussi du soutien de responsables politiques de premier plan en Guinée.

Des pratiques illicites entrainant une mauvaise gouvernance

En octobre 2020, Libération révélait le montage utilisé par l’AMR pour se soustraire à l’impôt. Ce qui constitue un manque de 8 millions de dollars pour l’Etat guinéen à travers un contrat de prestations de services avec une entreprise basée à Hong Kong, Rock Ocean Ltd.

Pour le Coordinateur TLP Guinée, « Cette affaire met une nouvelle fois en lumière le rôle fondamental de la corruption, de l’opacité financière et de l’affairisme dans la mauvaise gouvernance et le mal développement en Guinée, pays parmi les plus pauvres du monde ».

La plainte fait aussi cas des transactions illicites qui seraient entachées de corruption. Ces pratiques contribuent à nuire aux intérêts de la population guinéenne et à fragiliser le contrat social sur lequel devrait reposer la démocratie guinéenne. La majorité de la population, dans un pays pourtant riche de nombreuses ressources, ne voit finalement jamais le bénéfice des immenses ressources minières, à cause de pratiques illégales d’acteurs internationaux et avec l’assentiment, la cécité ou la complicité des autorités nationales.

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