28e sommet Afrique-France: Folklore ou véritable refondation des relations ?


28e sommet Afrique-France

Ce vendredi 08 octobre 2021, se tient à Montpellier, un évènement pas des moindres, le 28e sommet Afrique-France. Sous un format nouveau, l’évènement rassemble, 2 500 à 3 000 personnes, parmi lesquelles, 700 représentants africains. Ils sont soit, acteurs de la culture, représentants des sociétés civiles, sportifs ou entrepreneurs.

Pour ce 28e sommet Afrique-France, Paris a décidé de procéder différemment. Contrairement aux éditions passées, le sommet a été exclusivement consacré à la jeunesse et à la société civile. Alors, les chefs d’État n’ont pas été conviés cette fois ci. Cette nouvelle façon d’appréhender bien que le sommet Afrique-France suscite des interrogations chez plus d’un. La jeunesse africaine pourra-t-elle valablement exposer les problèmes et défis du continent ? Sera-t-elle véritablement force de proposition  ? La France serait elle en train de développer subtilement une nouvelle stratégie d’influence sur le continent ? Les spéculations vont bon train.

28e sommet Afrique-France, un changement de cap

En ce qui concerne les relations entre l’Elysée et le continent, à travers ce 28e sommet Afrique-France, tout porte à croire qu’une page s’est définitivement tournée. Elle marque l’avènement d’un nouveau paradigme avec une jeunesse africaine comme principale actrice de son développement. Et cette jeunesse, la France se dit prête à l’écouter pour bâtir l’Afrique de demain.

« La France a besoin d’entendre toutes ces voix de la société civile sous un autre format et casser la dynamique diplomatique souvent pesante », a déclaré Amina Zakhnouf, une participante à cette rencontre. Par conséquent, le 28e sommet Afrique-France, s’impose comme le cadre idéal offert aux représentants pour évoquer les sujets tabous et maux dont souffre l’Afrique afin de trouver des solutions pertinentes.

« L’enjeu est de passer aussi par les sociétés civiles du Sahel et les populations locales pour apporter des réponses qui aillent un peu plus loin que celles qui ont été apportées jusque-là et qui pour le moment sont un échec, notamment la stratégie française », a indiqué Robin Guittard de l’ONG Oxfam.

Une farce bien orchestrée

Bien que l’initiative soit saluée par beaucoup d’acteurs politiques, elle ne reçoit pas le même assentiment chez certains. Plusieurs analystes politiques se montrent encore sceptiques sur la démarche et les intentions derrières cet acte de la France. Ils estiment que le casting des représentants africains n’est pas assez convaincant pour parler effectivement de refondation des relations.

Marc Ona Essangui pour sa part se montre dubitatif quant aux résultats de 28e sommet Afrique-France. « L’Afrique a évolué en termes de générations, mais la France est restée coincée sur le même paradigme, c’est-à-dire : il faut défendre les intérêts, rien que les intérêts. La population africaine ne compte pas », a-t-il laissé entendre.

Pour d’autres, à quelques mois de la prochaine présidentielle française, Emmanuel Macron serait en train de jouer la carte de séduction et chercherait à polir davantage son image. Aussi, les dernières actualités ne tournent pas trop en sa faveur. Pour preuve, ce sommet se tient dans un contexte fortement marqué par des relations tendues entre la France et plusieurs pays africains. C’est le cas notamment de l’Algérie, du Mali et de la Centrafrique.

A lire aussi: NOUVEAU SOMMET AFRIQUE-FRANCE : LES CHEFS D’ETAT AFRICAINS EXCLUS

El Professor

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.